Le Clus’Ter Jura, qui fonctionne comme un levier dans les domaines de l’économie circulaire et de la transition énergétique (et dont la vocation est de s’effacer une fois que l’activité est pérenne), travaille depuis plusieurs mois à mettre en place une filière de revalorisation des bouteilles de vin du Jura sur le territoire.

Né dans la région lédonienne, le projet est désormais en place sur le nord Jura, avec l’ouverture depuis cette semaine de trois points de collecte à Dole (1). Car si l’on y réfléchit bien, il est stupide de jeter une bouteille en verre parce qu’elle est vide, quand bien même elle va dans une benne dédiée (le verre étant cassé et refondu à Chalon-sur-Saône).


Objectif : 100 points de collecte


C’est un objet manufacturé quasi inusable. C’est un peu comme si on jetait son verre après l’avoir vidé. D’où l’idée de mettre en place dans différents commerces du département des espaces où les clients pourraient déposer leurs bouteilles vides de vins du Jura. Sont concernés exclusivement les bouteilles (et demi-bouteilles) Jura, Macvin, Vin Jaune et Vin de Paille. Les crémants ne sont pas concernés pour le moment. Un visuel permet de se repérer dans les formats et d’identifier un magasin participant. « Dix-sept magasins en Franche-Comté ont mis en place de tels espaces. Nous visons l’ouverture de plus de 100 points de collecte d’ici fin 2017, en priorité dans les secteurs où les habitants le demandent le plus, via le formulaire sur le site internet dédié (http://jaimemesbouteilles.fr/)» explique Sylvain Lepoutre, chargé de projet au Clus’Ter. La mise en place d’un tel point de collecte à Cora-Choisey, l’un des plus gros supermarchés du département, est un temps fort. Le plus gros vendeur devrait logiquement devenir le plus gros collecteur. « Le vin du Jura, c’est 20 % du chiffre de notre rayon vin. Viennent ensuite le bourgogne avec 18 % et le bordeaux avec 10-12 % » explique Pierre Jacob, le directeur de Cora. Le responsable du rayon vins, Cédric Eich, confirme. « Nos clients sont prêts à l’heure actuelle à faire ce type de démarche. C’est un cercle vertueux très intéressant » poursuit le directeur de la grande surface. Jean-Marie Sermier et Jean Pascal Fichère ont salué la démarche. « La ville suivra avec intérêt cette opération » a assuré le député-maire. Les bouteilles sont récupérées par les camions de Juraboisson (groupe Pernet) et de Juratri, le premier assurant ensuite le lavage des bouteilles dans son usine de Pont-du-Navoy. « C’est déjà le travail de la société Pernet, qui n’a pas à effectuer des trajets dédiés pour cela » précise Sylvain Lepoutre. Reste à régler le problème des étiquettes, qui ne sont pas adaptées. « Il va falloir passer massivement aux étiquettes solubles. » La démarche, prometteuse, n’en est encore qu’à ses débuts.


(1) Outre Cora, les deux autres points de collecte sont au magasin Biocoop Réponse Nature (65, avenue Eisenhower) et chez Léon, marchand de vins (42, avenue du Maréchal Juin).